Alors que Faurecia, leader français de l’équipement automobile, a annoncé hier la suppression de 1 215 emplois dans ses usines de sièges de l’Hexagone, soit 23 % de l’effectif concerné, les milliers d’entreprises françaises qui travaillent en sous-traitance pour les poids lourds de l’automobile, de l’aéronautique, de la sidérurgie, etc., appellent à la rescousse. Sans une aide extrêmement rapide, elles craignent de se retrouver bientôt au tapis. Notamment à partir du mois de janvier où le coup d’arrêt donné par Renault, PSA, ArcelorMittal à sa production fera sentir ses conséquences financières. Un trou d’air catastrophique pour les fournisseurs directs des constructeurs, comme Faurecia, et plus encore pour les équipementiers de deuxième et troisième rangs. « Ce sont presque tous des PME, dont l’endettement représente en moyenne 90 % des fonds propres. Avec une telle dette, ils ne peuvent pas obtenir de crédit bancaire. Si rien n’est fait, il y aura dans trois mois une rafale de faillites d’entreprises pourtant viables », s’alarme Yvon Jacob. D’ores et déjà, à travers l’Europe, plusieurs groupes sont tombés, comme le fabricant de freins TMD Friction, qui vient de déposer le bilan de ses filiales allemandes, ou le britannique Wagon Automotive, qui emploie plus de 3 000 personnes en France.
Pour éviter le pire, l’ensemble des fournisseurs d’automobile ont écrit lundi une lettre à Nicolas Sarkozy lui demandant d’urgence un report de six mois du paiement des charges sociales et fiscales des sous-traitants, ainsi qu’une meilleure prise en charge du chômage partiel par l’Etat.
Les donneurs d’ordre se mobilisent également. Thales a ainsi mis en place un réseau d’alerte pour détecter les risques de défaillance chez ses nombreux sous-traitants. Même dispositif chez l’équipementier aéronautique Safran. Areva se dit prêt, de son côté, à investir chez certains de ses fournisseurs. Le champion français du nucléaire « réfléchit activement avec l’Etat à la mise en place d’un fonds pour aider les sous-traitants », déclare Anne Lauvergeon. LES ECHOS.